Tout est une histoire de composition
J’ai envie de vous parler de l’importance de la composition. Sans elle, aucune illustration ou mise en page n’atteint son public.
En design graphique, pour la conception d’un programme, d’une présentation, d’un site web ou autre, on reçoit souvent des contenus trop denses, avec des répétitions. Des textes sans hiérarchie, centrés ou collés les uns aux autres… Il faut plonger dedans, comprendre, trier, simplifier, structurer pour en dégager l’essentiel.
C’est passionnant ! Et c’est magique de voir à quel point une composition bien agencée change tout – l’information devient lisible et claire, et la communication fluide.
La compo est partout
On la retrouve bien sûr dans l’art et l’illustration, mais aussi dans de nombreux domaines : design graphique, cinéma, photo, bd, musique, cuisine…
Il y a la composition florale, architecturale, urbaine… Elle est présente en mathématiques, en sciences. Même nous, les humains, devons composer.
Pour ce qui est des arts visuels, la composition, c’est l’art et la manière d’agencer différents éléments dans un espace pour les rendre compréhensibles, harmonieux et percutants.
L’art et la manière
Mettre de l’ordre
En tout premier lieu, il nous faudra hiérarchiser les informations, déterminer ce qui est important, ce qui est secondaire, et ce qui est accessoire.
Ensuite, on peut agir sur une multitude d’éléments : la couleur, la typographie, les formes, les tailles, le rythme, le placement…
Au cinéma comme en bande dessinée, on joue beaucoup avec les plans – les angles de vue :
Le plan large situe une scène dans son environnement
La contreplongée évoque surtout la domination
La plongée la vulnérabilité
Tout s’explique
Parmi les leviers les plus puissants pour donner de l’importance à un élément, on trouve:
Les contrastes de forme et d’échelle
Les contrastes de couleur, de texture…
Le positionnement dans l’espace
Un objet placé en haut à gauche n’aura pas le même effet qu’en bas à droite.
Le centre est un point d’attraction à double tranchant. Un de mes professeurs nous disait :
Le centre est un point névralgique auquel il faut résister. Il induit la symétrie, et la symétrie engendre la symétrie. Quand tu libères le centre, les choses s’ouvrent.
Cela dit, en dessin, le centre peut se justifier pour symboliser le pouvoir ou la solitude par exemple.
Les formats ont eux aussi leur importance. Différentes ambiances s’en dégageront selon qu’ils sont verticaux, horizontaux, larges ou étroits…
L’alignement ou la dissymétrie
L’alignement rassure et structure, mais son utilisation peut rendre une composition monotone, voire ennuyeuse.
La dissymétrie créée de la rupture, de la surprise.
Il est nécessaire de considérer l’espace vide, il favorise la bonne circulation du regard. En mise en page, on l’appelle le « blanc tournant ».
Attention aux lignes qui se chevauchent car elles créent de la confusion – certains les appellent des nœuds graphiques.
Cet extrait du « Famous Artists Schools » nous le montre bien.
Quelques outils d’agencement visuel
Ces méthodes qui apparaissent au fil des âges vont nous aider à structurer et à organiser l’espace.
La règle des tiers
Le nombre d’or
Composition en S, en X ou en C
La composition en triangle, en cercle…
La grille modulaire – très utilisée en mise en page
C’est avec tous ces paramètres que les créatifs vont devoir « jongler »
La morale de cette histoire
Ce qui compte, c’est savoir ce qu’on veut dire et choisir l’élément phare, celui que nous voulons mettre en avant. Et ensuite, construire notre discours avec et autour de lui.
Si vous avez des projets à composer :
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